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Septembre - Octobre 2020

Une affaire de famille

 
   

Japon, 2018.
Titre original : Shoplifters.
Réalisation et scénario : Hirokazu Koreeda.
Interprètes : Kirin Kiki, Sôsuke Ikematsu, Lily Franky, Moemi Katayama, Sakura Ando et Mayu Matsuoka.
Durée : 121 minutes

Muy Buena 

 

Résumé:
Osamu et son fils Shota recueillent une petite fille nommée Yuri, au beau milieu d’un froid glacial. Au début, et après avoir hésité à héberger Yuri, Nobuyo, l’épouse d’Osamu, accepte de prendre soin d’elle lorsqu’elle découvre les difficultés auxquelles elle est confrontée. Bien que la famille soit pauvre et gagne à peine assez d’argent pour survivre grâce à de petits larcins, ses membres semblent vivre heureux, jusqu’à ce qu’un accident imprévu vienne révéler certains secrets cachés, mettant à l’épreuve les liens qui les unissent.


«Une affaire de famille» est un film qui naît de la question suivante: qu’est-ce qui fait qu’une famille se constitue comme telle, les liens du sang, les attaches économiques ou émotionnelles ? Chaque membre de cette famille provient de noyaux familiaux qui se sont fissurés et, ensemble, ont formé un nouveau noyau. En réalité, ce sont des marginaux qui se sont adoptés, les uns les autres, par amour.
«Comme le fait remarquer Lacan» - nous dit Fabiana Chirino dans son article Du désir non anonyme et ses effets sur la constitution subjective des enfants – «finalement, nous sommes tous adoptés, condition nécessaire de tout être humain pour devenir un sujet», et elle cite textuellement Adela Fryd «nous sommes tous les enfants adoptés d’un désir qui nous a fait vivre». C’est-à-dire qu’au-delà des liens du sang, il y a une adoption mutuelle des membres d’une famille, qui passe par l’affection. Entre la grand-mère Hatsue et la fille aînée, Aki (Lin), il existe, en plus d’un lien de sang, un autre lien de type économique, dans la mesure où la grand-mère perçoit une somme d’argent des parents de Lin en échange de sa prise en charge.
Vol, prostitution, meurtre, analphabétisme, tout cela fait partie du sort marginal de cette famille. Cependant, il existe des liens affectifs entre eux, qui empêchent qu’on les stigmatise selon nos modèles moraux socialement acceptés. Le réalisateur nous invite à sympathiser avec eux, à ne pas les juger ni à les voir d’un point de vue moralisant, même lorsqu’il nous est difficile d’accepter leurs formes de survie. C’est l’une des caractéristiques du cinéma postmoderne : éviter les jugements à priori, en créant des personnages remplis de clair-obscur.
À titre d’exemple: la femme d’Osamu ne peut pas avoir d’enfants. Cependant elle est une meilleure mère que la vraie mère de Yuri, qui ne voulait pas l’avoir, raison pour laquelle elle la punissait physiquement. Pour l’État, la famille est constituée par le sang, ce n’est pourtant pas toujours l’idéal pour l’individu. La tragédie finale le confirme. L’intervention de la loi n’améliore pas la situation initiale des individus, bien au contraire. Jota est fatigué de vivre marginalement. Il est arrêté par la police en commettant un vol dans un supermarché, activité qui lui était devenue routinière. L’intervention de la loi constitue un point de rupture qui démantèle ces liens familiaux électifs, obligeant chacun de ses membres à revenir à la situation de conflit initiale. La maison dans laquelle tous vivaient est maintenant vide et sombre, comme le devient l’âme de Lin lorsqu’elle la contemple, avec un mélange de tristesse et de nostalgie.
Bien qu’Osamu et Nobuyo partagent la responsabilité du «enlèvement» de Yuri (un enlèvement étrange sans demande de rançon), c’est Nobuyo qui est reconnue coupable alors que lui, est relâché : la loi japonaise serait-elle partiale et favorisait-t-elle les hommes plutôt que les femmes? La loi décide également à la place des enfants comme si ceux-ci n’avaient pas de volonté propre. Jota est envoyé dans un internat pour apprendre à lire et écrire (quelque chose pouvant être perçu comme positif), mais il perd l’affection d’Osamu, ce qui montre le côté sombre de sa nouvelle situation. Pour l’État, les liens affectifs ne comptent pas. La police renvoie Yuri à sa mère de sang. La dernière image du film est celle de Yuri grimpant sur le mur du patio avant de sauter au bout d’un instant. Il n’y a pas de fin heureuse mais une fin tragique.
À l’intérieur du commissariat, le réalisateur Koreeda n’a pas prévu de champ-contrechamp pour filmer interrogateur et interrogés; nous nous trouvons donc situés presque toujours du côté de l’enquêteur, jugeant froidement les mêmes personnages avec lesquels, il y a seulement quelques minutes, nous tendions à nous identifier. Pour le public, il s’agit d’une position inconfortable dans la mesure où la caméra lui fait prendre la place d’une société qui émet des jugements moraux et, comme si cela ne suffisait pas, les questions posées par la police sont autant de tentatives de manipulations tendant à amener les accusés à se briser et à se trahir entre eux.
Le conflit entre l’État, la famille et l’individu se pose alors. L’État, à travers la loi, détermine ce qui est juste et ce qui ne l’est pas. Mais cela ne correspond pas toujours à la réalité sociale et individuelle. Ce sont des macrostructures rigides que nous montre le film, pour nous amener à constater que l’intégration sociale basée sur la famille de sang, n’est qu’un mythe.

 

Adriana Schmorak Leijnse

 

Bibliographie:

Chirino, Fabiana. "Del deseo no anónimo y sus efectos en la constitución subjetiva de los niños, hoy" en Nueva Escuela Lacaniana. Boletin-22 a-ritmo propio. Familia.
Fryd, Adela (2001). Revista Virtualia. N°2.


 

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