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Novembre - Decembre 2017

Lambert Wilson: "Cousteau fait partie d´une génération d´égoïstes après la guerre"

 

L´acteur et chanteur Lambert Wilson interprète Jacques-Yves Cousteau dans le biopic " Jacques " (" L´Odyssée "). Wilson, un des acteurs français les plus séduisants et élégants, possède une ample filmographie où on trouve des titres de tous les genres comme " Alceste à bicyclette ", " Barbecue " ou " Des hommes et des dieux ". L´acteur est venu à Madrid pour présenter, à l´Institut Français, ce film où il brille spécialement en donnant vie à un personnage beaucoup plus complexe que ce que nous croyions.

 

 

Pourquoi avez-vous choisi d´incarner Jacques-Yves Cousteau ? Et, n´avez-vous pas eu des doutes à montrer le côté le plus obscur de sa personnalité ?
Quand Jérôme m´a proposé le rôle, c´était irrésistible. C´est rare de trouver des personnages qui puissent susciter un film comme ça et qui contiennent dans leur vie des éléments si contrastés. En plus, je fais partie de la génération qui a été élevé avec Cousteau, donc, pour moi, ça veut vraiment dire quelque chose. J´ai toujours pensé que c´était une bonne idée de faire un film sur Cousteau. Il y avait des choses à dire sur l´écologie, par exemple. Je soupçonnais le drame personnel mais je ne savais pas énormément de choses. Ensuite, en lisant le scénario, je me suis dit que c´était nécessaire de montrer la complexité du personnage. Sinon, faire le portrait d´un saint qui est impeccable, c´est ennuyeux. J´étais simplement surpris par la nature de ses parts d´ombre. Je n´avais pas imaginé, par exemple, qu´il avait trahi sa femme si tôt. J´ai toujours envie de dire : " mais, après tout, ça ne nous regarde pas " mais, en même temps, ça révèle un trait de son personnage. Les gens qui étaient jaloux de lui, lui reprochaient son désir de briller. Le contraste entre ses qualités généreuses de père qui va tout partager avec ses enfants quand ils sont petits et qui subitement va les négliger à l´adolescence, puis les juger durement, tout ça c´était très surprenant et intéressant à montrer parce que c´est constitutif de sa personnalité.

 

Admirez-vous toujours Cousteau après avoir fait ce film ?
Oui, j´ai beaucoup de tendresse pour lui parce que j´ai dû faire un lien entre le personnage de Cousteau et celui de mon propre père. D´ailleurs, les deux se connaissaient parce que mon père (l´acteur Georges Wilson) avait fait la voix de certains des documentaires de Cousteau. Ils avaient deux personnalités similaires. Ce sont deux hommes dont le caractère a été forgé dans l´adversité, par la guerre…Je pense que la guerre a provoqué, pour ceux qui ont survécu, plus d´égocentrisme, de désir de faire des choses, de vivre intensément. Il y a eu, peut-être, une génération d´égoïstes après la guerre. Et, comme j´ai fait tout un travail de compréhension de mon père, j´ai pu l´appliquer sur Cousteau. C´est un travail de compréhension qui inclue la notion de pardon. Ce sont des pères que l´on peut rejeter, ce sont des monstres, mais ils ont aussi fait de leur mieux pour en même temps vivre leur aventure et inclure dedans leur famille parce qu´après tout, tout le monde y participait. Après, ils étaient durs. Quand on allait sur le terrain de leur travail aussi bien pour Cousteau que pour mon père, invités par eux, il fallait être à leurs ordres et irréprochables parce que sinon ils étaient 40 fois plus durs avec la progéniture qu´avec les autres. Donc, ce travail de pardon je l´avais déjà fait. J´ai découvert Cousteau parce qu´après tout, je ne savais rien sur lui. C´était une image d´Epinal pour moi de sympathique vieillard qui partageait avec nous ses images mais c´était un personnage de carton-pâte avec son bonnet rouge, bronzé, toujours en montrant du doigt quelque chose. Mais, je ne savais pas qui il était. J´ai découvert la vie privée mais la quête permanente de l´argent. On lui reprochait cela, ses compromis avec l´industrie du pétrole mais il voulait que l´aventure continue pour tout le monde parce que c´était passionnant. Pour qu´elle continue à exister, il devait aller faire son numéro de séduction dans le monde entier auprès des chaines de télévision américaines. Tout ça pour pouvoir partir et vivre l´aventure.

 

Avez-vous rencontré sa famille ?
J´ai croisé son fils, Jean-Michel à Cannes, cette année. En revanche, sur le plateau, il y avait la femme de Philippe, Jan et nous avons connu la progéniture de Philippe et Jan. On a reçu quelques informations de Jan mais qui concernaient plus le personnage de Philippe. En revanche, il y avait un personnage important qui était François Sarano, un biologiste marin qui travaille beaucoup pour l´environnement et avec les mammifères marins et qui a vécu 15 ans sur le Calypso, comme plongeur qui nous a beaucoup parlé de la vie à bord de la Calypso et aussi, des petits détails de comment était Simone, la femme de Cousteau. Il a fait ma doublure dans certaines scènes sous-marines.

 

Comment s´est déroulé le tournage ?
On était tous conscients que c´était quelque chose d´exceptionnel. C´était la joie tout le temps. Tous ces voyages, le bateau, la plongée… Tous les acteurs, nous étions conscients qu´on vivait une expérience merveilleuse. On pensait tous les matins qu´on n´avait pas le droit de nous plaindre. Les acteurs se plaignent beaucoup ! On avait l´impression qu´on vivait la même aventure que celle de Cousteau. On pense que le public va suivre à ce niveau d´excitation qu´est le nôtre.

 

Dans votre immense filmographie, vous avez alterné des productions plus grandes, plus internationales avec des films français plus intimistes. Que préférez-vous ?
Moi, ce que j´aime c´est l´alternance et ma curiosité me mène vers des expériences variées. Travailler dans des langues différentes, des cultures différentes, des réalisateurs qui viennent de pays divers. Je n´ai pas une philosophie commerciale, pas commerciale. J´essaie de choisir des choses intéressantes et qui ont un potentiel d´intéresser le public. J´hésite avec des projets que je trouve ne vont pas intéresser le public car le cinéma est en compétition avec la télévision. Les gens ont tout maintenant, les vidéos, netflix, internet… Ils faut leur donner une raison spécifique de sortir de chez eux pour aller voir un film. Mais, on ne sait jamais à l´avance. On peut tourner un film comme " l´Odyssée " avec 300 personnes ou un film avec 40. Quand il y a plus d´argent, il y a plus de temps mais parfois quand il y a trop de temps et trop d´argent, on perd l´urgence et ça devient poussif. On perd le plaisir du tournage parce qu´il y a tellement d´heures, qu´on ne sait plus ce qu´on fait. Mais, l´important est le sujet. Est-ce qu´il y a une proposition différente ?

 

Vous alternez beaucoup les genres, aussi.
J´ai eu la chance de faire des choses très différentes. J´ai alterné des comédies, des drames…Je crois que je m´ennui assez vite et j´ai besoin de changer de style, d´actions.

 

Vous êtes aussi chanteur. Récemment vous avez chanté Montand.
Oui. J´ai reçu une formation théâtrale en Angleterre et pour les anglais, le travail musicale est tout à fait normal. On fait de la comédie musicale et on est vraiment former pour ça. Même les acteurs les plus classiques font de la comédie musicale. J´ai fait, pendant un an, à Londres, une comédie musicale avec Judi Dench. J´aime tellement la présence de la musique quand on prépare un spectacle que ce soit une comédie musicale ou un tour de chant que j´ai besoin de le faire de temps en temps, pour être avec les musiciens, être dans la préoccupation de ça. Je viens d´une famille où on faisait beaucoup de musique. Mon père, avant d´être acteur, était saxophoniste, mon frère joue aussi, moi-même je le jouais. Mais, j´ai découvert que mon instrument est la voix. La semaine prochaine, je fais une création à Genève avec un orchestre et des acteurs chanteurs. Je fais des concerts comme narrateur. En ce moment, je suis en tournée avec le " Yves Montand ". On va au Canadá, à New York, à Bruxelles. J´aimerais venir en Espagne. Le problème c´est qu´Yves Montand comme Jacques Cousteau est connu d´une certaine génération et complètement inconnu par les moins de 40 ans. Et pourtant, en Espagne, par example, on devrait le connaître car il était ami de Jorge Semprun. C´est toujours surprenant que certains noms disparaissent comme ça. On a une mission de transmission. Prendre le risque de faire une chose qui ne soit pas peut-être très à la page mais pour dire : " voilà, il y a eu des chansons sublimes ". Savoir qu´il y a eu des grands poètes, des grands musiciens, ils se sont rencontré et c´est un moment de l´histoire culturelle française. Pour moi, Montand c´était un héros comme Cousteau. Là, aussi, ils se sont retrouvés car Cousteau a demandé à Montand de faire la voix de certains de ses films. Cousteau, Montand et mon père, c´est des grand gueules, forts, séducteurs et sans doute, difficiles avec leur progéniture (rires).

 

Carmen Pineda

Lambert Wilson

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