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Juillet - Aout 2017

Julien Rappeneau: Rosalie Blum est un film qui fait du bien

 

Julien Rappeneau, fils du célèbre réalisateur Jean-Paul Rappeneau (Cyrano de Bergérac) vient de présenter en Espagne son premier film comme metteur en scène. Il s´agit de  Rosalie Blum, une jolie et originale histoire, entre la comédie et le drame, qui raconte l´histoire de Vincent Machot, un jeune coiffeur résidant dans une petite ville de la province française, qui découvre, un jour, par hasard, une étrange femme, Rosalie Blum, qu´il décide de suivre partout. Le premier film de Julien Rappeneau est très prometteur. Il nous en a parlé à Madrid.

 

 

 Pourquoi vous vous êtes inspirez de la bande dessinée de Camille Jourdy pour faire ce film ?
Parce que j´ai eu un vrai coup de cœur pour cette bande dessinée. Je l´ai trouvé très originale.  J´aimais à la fois le principe narratif et les personnages, que j´ai trouvé très touchants, comme bloqués, un peu, à un moment de leur vie et puis, cette étrange histoire de filatures qui va les mettre en mouvement. J´ai vu la possibilité de faire un film qui ne serait pas dans un genre particulier, qui aurait son propre ton, à la fois, de la comédie, de l´émotion, du mystère…Ça me plaisait de travailler une histoire de cette façon-là.

 

Mais le ton est aussi mélancolique, nostalgique…
Oui, il y a une mélancolie diffuse, qui m´a touché là-dedans. On la retrouve, d´ailleurs, dans cette petite ville de province française. J´ai aimé ça dans la bande dessinée. Ça m´a donné envie de tourner dans une ville de province française. Ça me parlait.  C´est souvent des endroits où j´aime aller, parfois tout seul. J´aime me promener parce qu´il y a un charme un peu désuet et une mélancolie impalpable. Il y a un peu d´ennui, tout en ayant aussi une certaine douceur. C´est la rencontre des deux. Dans la bande dessinée de Camille Jourdy, c´est ce que j´ai essayé de retrouver dans le film, j´aime l´idée que le romanesque va venir interférer dans la vie quotidienne de gens de tous les jours. Il y a quelque chose qui va bouleverser la routine. J´ai tourné dans une ville de Bourgogne qui s´appelle Nevers. C´est là où Alain Resnais avait tourné " Hiroshima Mon amour ". C´est une ville intermédiaire comme il y a beaucoup en France. Ce sont des villes qui doivent continuer à exister en terme de dynamisme mais c´est plus difficile parce qu´il y a une tendance à être polarisé par les grands centres urbains. Mais, je sais que ces villes pour beaucoup de français, elles parlent. Je cherchais une ville qu´on puisse pas identifier, on ne peut pas dire où c´est. Pas à la mer, pas à la montagne. C´est l´image qu´on a d´une petite ville de province française et Nevers m´a fait penser à ça.

 

Pourquoi avez-vous choisi de raconter l´histoire de différents points de vue, un peu comme un puzzle ?
C´est un principe qui était dans la bande dessinée de Camille Jourdy. Je trouvais que c´était très intéressant à exploiter au cinéma. J´aime bien l´idée qu´on puisse jouer avec le spectateur. Le spectateur commence à imaginer avec Vincent, le protagoniste, un film mais, finalement, les choses vont lui apparaître différemment. Jouer avec les sensations, les émotions, les faux semblants, c´est quelque chose qui interroge notre regard de spectateur. J´aime bien l´idée que les personnages, plus le film avance, ils se révèlent à eux-mêmes. Ils vont comprendre pourquoi ils font les choses, les relations des uns avec les autres et le film se révèle en même temps au spectateur comme un grand puzzle. Scénaristiquement, c´est compliqué à mettre en oeuvre mais amusant à construire. Il faut être très précis.

 

Est-ce une histoire de solitudes qui se rencontrent ?
Oui, c´est ça. Notamment, les trois personnages principaux sont des solitaires. Finalement, par cette décision inconsciente de Vincent (on comprendra après pourquoi) qui se met à suivre cette Rosalie Blum, qu´il est persuadé d´avoir déjà vu mais il ne sait pas où, ça va remettre du mouvement dans sa vie. En allant vers les autres, ces personnages vont sortir de la solitude et aller vers un futur possible, qui reste ouvert. J´aime bien l´idée que dans la vie on a pu, chacun de nous, se sentir dans une impasse, se sentant, un peu, à côté de sa vie, en supportant tant bien que mal ce quotidien avec des jours avec et des jours sans et puis, un jour, il se passe quelque chose, un déclic, une rencontre. Et alors, un espoir, une envie renaît. J´aime bien ce message plutôt positif.

 

Est-ce qu´il y a une critique de la famille dans le film ?
Ce n´est pas un discours contre la famille. Moi, je m´entends très bien avec ma famille (rires). Ce n´est pas un plaidoyer mais, effectivement, c´est un lieu de conflit. C´est un lieu complexe, très riche, avec des relations humaines qui, parfois, sont comme des fils qui nous retiennent et qui nous empêchent d´aller en avant. Ces personnages-là sont bloqués souvent par des peurs de familles. Le plus frappant c´est le personnage de Vincent. Sa mère qui est un peu folle et très étouffante, l´empêche d´avancer. L´histoire de Vincent dans le film est comment se détacher de sa mère. J´aime beaucoup l´idée que pour le personnage que joue Alice Saaz, Aude, sa vraie famille c´est ses amis et cette tante qu´elle connaît peu. Mais, parfois, dans la vie, on se retrouve qu´on a plus d´affinités, dans une famille, avec quelqu´un un peu lointain, qu´on connaît moins mais avec qui on a plus d´affinité qu´avec ses propres parents ou ses frères et sœurs. Là, Rosalie et Aude se connaissent peu au début du film mais vont vite se reconnaître, se renifler, et comprendre qu´elles sont du même moule.

 

Vous avez déjà travaillé avec votre père et votre frère Martin. Comment ça s´est passé?
Oui, on a travaillé ensemble. Martin a fait la musique de " Rosalie Blum " et de " Belles familles ". Moi, j´ai travaillé au scénario de " Belles familles ", réalisé par mon père. J´avais déjà travaillé avec mon père sur le scénario de " Bon voyage ". Jamais, je vous prie de me croire, on s´était dit qu´un jour on travaillerait les trois ensemble sur un même film. Notre père nous a toujours dit quand on était jeunes : " Ne faites pas de cinéma ". Car il disait que " le cinéma est très douloureux, il y a beaucoup de coups durs à prendre… ". Je pense que, même s´il a une très belle carrière, parfois ça a été compliqué, il a mis du temps à faire des films… Pour ma part, j´ai étudié journalisme mais on m´a toujours parlé de cinéma à la maison. J´ai baigné dedans (rires). Et, hasard, qui n´en est sans doute pas un, comme on est proches, quand il s´est mis à travailler sur le scénario de " Bon voyage ", il m´en parlait. Et, moi, je réagissais, je donnais mon opinion. Comme ça lui plaisait bien, il me rappelait et, du coup, on s´est mis à le faire ensemble. D´abord, en parallèle de mon métier et après, finalement, totalement. Après, le cinéma m´a rattrapé. C´était tapis au fond de moi. J´en avais envie mais c´était un peu sous cloche. Je m´étais interdit d´en faire. Finalement, mon père était content mais s´il nous avait dit de ne pas en faire (rires).

 

Est-ce que vous avez programmé de devenir réalisateur après avoir été seulement scénariste?
Au fond de moi, c´est une envie que j´ai depuis longtemps. Mais c´est un parcours long. Je ne m´étais pas dit que j´allais faire le même métier que mon père même si lui, il a réussi. Je me suis posé des questions et à un moment donné, j´ai cessé de me poser trop de questions parce qu´à un moment, il faut agir. Je me suis dit que je préférais de prendre le risque de me planter plutôt que de vivre avec le regret de ne pas avoir fait des choses qui me tenaient à cœur. J´avais envie de travailler avec les acteurs et puis, faire un film implique un travail d´artisan. Mener un projet de a à z c´est long, compliqué mais il y a quelque chose de satisfaisant de voir un édifice qui se construit peu à peu.  Il y a une sensation forte. C´est jubilatoire. Là, j´ai des projets comme réalisateur mais je vais continuer à travailler comme scénariste aussi.

 

Qu´est-ce que vous diriez au public pour qu´il aille voir " Rosalie Blum " ?
J´ai souvent montré le film dans des projections, y compris hier soir, à Madrid. Très souvent, les spectateurs me disent que ce film, il fait du bien. C´est un film qui réserve des surprises, avec des personnages attachants, drôles et émouvants. Ce film a sa petite musique propre et j´aimerai que le public vienne l´écouter.


Entretien réalisé par Carmen Pineda

Julien Rappeneau 

 

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