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Septembre - Octobre 2017

Eric Lavaine : Le rire ou la comédie c´est ma façon de communiquer

 
Eric Lavaine est venu à Madrid pour présenter son dernier film, " Retour chez ma mère " (" Vuelta a casa de mi madre "), une brillante et hilarante comédie, interprétée par Josiane Balasko. Mais si le nom d´Eric Lavaine ne vous dit pas grande chose, il est, par contre, le responsable de quelque unes des comédies les plus populaires qui ont cartonné récemment en France, comme " Bienvenue à Bord " (il vient de tourner la partie 2) ou " Barbecue ".  

 

Pourquoi faites-vous toujours des comédies pour aborder des sujets graves?

Le rire ou la comédie c´est ma façon de communiquer. On peut dire beaucoup de choses et c´est aussi un goût personnel. J´aime beaucoup rire et surtout dans une salle de cinéma. Je me suis rendu compte qu´on pouvait traiter les drames mais en riant quand même. La difficulté c´est que le rire ne vienne pas casser la réalité ou l´empathie qu´on peut avoir pour les personnages. Dans toutes les situations dramatiques, il y a toujours moyen de rire et de s´amuser. C´est un peu " mon style ". Il y a des cinéastes français comme Claude Sautet, comme Yves Robert qui faisait des films pas à mourir de rire mais avec une saveur particulière. A mon modeste niveau, j´essaye de m´approcher de ça.

 

Quelle est la critique du film envers la réalité du retour de ces jeunes adultes chez leurs parents ?

Il y a plutôt un constat d´une réalité. La France se rapproche de plus en plus des pays du Sud, comme l´Italie ou l´Espagne. On vit les mêmes drames. La France est plus proche économiquement de l´Espagne que de l´Allemagne. Je pense que l´Espagne a eu déjà plus d´habitude que nous à cette solidarité-là. D´abord, les enfants restent beaucoup plus longtemps chez leurs parents. Maintenant en France, on a cette génération " Boomerang " : ce sont ces adultes qui reviennent chez leurs parents. J´ai vu un reportage d´une famille espagnole, à Malaga, où à cause de la crise, les enfants ne pouvaient plus rembourser leurs emprunts et ils avaient dû retourner chez leurs parents, âgés de 80 ans, qui devaient accueillir le couple et les deux enfants Ce sont des situations comme ça très dures, que j´ai voulu retranscrire en France. Ça m´intéressait parce que ça me permettait de parler de la famille. Alexandra Lamy (Juliette) qui revient chez sa mère, elle a toujours eu de l´argent, elle était forte, la chouchou…, et ses frères et sœurs, comme ils la voient en situation de faiblesse, ils vont lui faire un peu payer.

 

Comment se pose le conflit générationnel dans ces cas-là ?

C´est surtout la perception qu´on a de sa mère, de ses frères et sœurs ou de ses enfants. La mère (Josiane Balasko) est très moderne : elle a un amant, elle a des activités, elle s´amuse. Elle vient d´une génération, qu´on appelle en France les Seniors, économiquement plus riches que les enfants. C´est la première fois dans l´Histoire de la France, après la 2ème Guerre Mondiale, que cela arrive. Leurs revenus sont plus importants que ceux de leurs enfants. Là, il y a une solidarité des parents qui ont tendance à aider leurs enfants, même financièrement quand ces-derniers travaillent mais qu´ils n´arrivent pas à joindre les deux bouts. Alexandra Lamy (Juliette) perçoit sa mère (Josiane Balasko) comme une mère ou une grand-mère mais pas comme une femme en forme qui a une sexualité, une vie sentimentale…Et surtout, on n´a pas envie de penser à ça. Moi-même je n´ai pas envie de penser à la sexualité de ma mère (rire). Ça ne m´intéresse pas ! Moi, ma mère, je suis toujours son fils. Je ne deviendrais un homme véritablement que (le plus tard possible, j´espère) que quand ma mère ne sera plus là. Et, ensuite, avec les rapports entre frères et sœurs, on trimballe toute l´histoire de la famille. C´est sûr que la jalousie que Carole (Mathilde Seignier) a pour sa sœur dans le film, elle est réelle. 40 ans plus tard, elle existe toujours ! Moi, dans ma famille, j´ai été le préféré de ma mère et ma grande-sœur, qui a 57 ans, elle m´en veut toujours. L´autre jour, je lui ai dit : " Ecoute, tu ne peux pas reprocher à un enfant de 5 ans, de ne pas dire à sa mère, " Maman, aime-moi moins. Aime plus Véronique" " (rire)

.

Comment s´est passé le travail avec Josiane Balasko?
Josiane, elle a son caractère ! Mais, à partir du moment où elle vous adopte (elle m´a adopté ainsi qu´à Alexandra), elle est super. Elle a une vraie personnalité. Quand les choses ne lui conviennent pas, elle le dit. Le seule conflit que j´ai eu avec elle, c´est parce que je lui a fait faire une mayonnaise et moi je la fait à la fourchette et elle, elle l´a fait à la cuillère (rire). Elle tenait à la faire à la cuillère mais ça n´a pas marché et elle était très vexée (rire). Son statut de grande star, après un tournage de deux mois où on bosse ensemble, disparaît.

 

Est-ce qu´il y a des sujets qui vous sont plus chers qu´on vous faites vos films ? Vous parlez souvent, par exemple, de la famille, de l´amitié, comme dans votre film précédent  "Barbecue " (" Barbacoa entre amigos ") ou maintenant dans " Retour chez ma mère ".
Alors, moi, je commettais une erreur. C´est que je n´appliquais pas un conseil que je donnais à tout le monde. Quand les gens veulent écrire, je leur dit, écrit sur ton univers et moi, je n´appliquais pas ces conseils. Mon premier film c´était " Poltergay ", une maison hantée par des fantômes homosexuels. Bon, je ne cache pas que ce n´est pas mon univers quotidien les fantômes homosexuels (rire) et là, dans mes derniers films, je m´intéresse à mon univers. Mon univers, c´est la famille, c´est les amis, ce sont les collègues du bureau… J´essaye d´explorer, à mon modeste niveau, de transmettre des messages qui m´intéressent, des choses qui m´amusent. Dans " Retour chez ma mère ", les spectateurs qui voient le film me disent souvent " C´est dingue, vous êtes allé dans ma famille ! ". Je pense qu´on partage tous des choses en commun et ça fait du bien d´en entendre et de les voir à l´écran, de voir des choses un peu horribles en se disant " ça se passe chez moi " mais je crois, qu´on progresse, tous, un petit peu, quand même, en voyant ce film. On perçoit que la famille peut être indispensable mais ça peut être aussi l´enfer. En cette période de fêtes de Noël, je sais que c´est à la fois la gaité mais, moi je sais, en même temps, que dans ma famille, j´ai l´impression d´arriver à un procès. Un procès où en mange des huîtres et du fois-gras ! Quand ma sœur me dit " Alors, t´en est où, comment ça va tes enfants ? " (mes enfants sont nuls à l´école alors que les siens sont des génies !). Je ne suis pas dupe. Je sais pourquoi elle me pose cette question (rire).

 

Pensez-vous que le film peut avoir du succès en Espagne ?
Je crois que le film peut avoir du succès car il a un fond commun latin. On est très proches les français et les espagnols. Même si je préfère les espagnols car ils sont de meilleur humeur que les français ! Ils ont plus de soleil, je crois. A partir du moment, où la famille est très importante en Espagne, et il y a exactement comme dans les familles françaises, des secrets de famille, des jalousies, des non-dits, des conflits…, je pense que ça peut plaire au public espagnol. D´ailleurs, moi si c´était un film espagnol, j´irais le voir et je crois que ça plairait au public français. C´est vrai que je tourne avec des grands comédiens français qui ne sont peut-être pas très connus au-delà de la France, mais je préfère, moi, quand je ne connais pas les comédiens parce que quand on ne connait pas du tout les comédiens, on rentre plus facilement dans l´histoire. J´encourage le public espagnol à aller le voir car comme ça, je peux revenir régulièrement en Espagne (rire) avec grand plaisir.

 

Que pensez-vous du cinéma français actuel ?
C´est particulier parce qu´à la fois on produit trop de films parce que l´on est dans un système avec l´exception culturelle qui fait que même pour les films américains, on prélève quelque chose sur les places de cinéma pour financer le cinéma français. Par exemple, le dernier Star Wars va faire beaucoup d´argent, dont on va prélever une partie pour faire des petits films français. Mais le fait qu´on aide parfois trop les films, ça fait qu´on oublie quelque chose. La finalité d´un film ce n´est pas se faire plaisir en tant que réalisateur mais de faire plaisir au public. Donc, il y a 300 films qui sont produits par an en France et sur les 300, il y en a 200 qui ne dépassent pas 20.000 entrées et, puis, il y en a qui sont trop mauvais. J´espère que pour les films français exportés en Espagne, vous avez les moins pires ou les meilleurs. On a le droit de rater un film mais il y a un moment quand vous avez un script et c´est l´histoire d´un placard et il ne se passe rien…C´est épouvantable. Alors, le système français a quelque chose de bien. L´industrie française existe et elle est puissante grâce à l´exception culturelle et c´est dommage que l´Italie ou l´Espagne qui avaient de grands cinémas, maintenant, soient aussi limités. Par exemple, les films d´Almodovar, n´existent que parce que Jérôme Seydoux, le patron de chez Pathé, un français, distribue ses films. Parce qu´il y a vraiment un problème de cinéma espagnol. Il y avait plein de talents. Il y a encore de bons films mais il n´y en a pas assez. J´aimerais qu´on en voit plus en France.

 

Par Carmen Pineda

Eric Lavaine
 

 

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