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Mars- Avril 2018

Films français à Pâques: « Barbara», « La villa» et « Le brio »

 

 
   

Barbara de Mathieu Amalric

Réalisation & scénario: Mathieu Amalric

Acteurs: Jeanne Balibar, Mathieu Amalric, Vincent Peirani

Genre : drame, biopic, musical Nationalité: 2017, France

 

Une actrice, Brigitte (Jeanne Balibar), va jouer Barbara dans un film. Elle travaille son personnage, la voix, les chansons, les partitions, les gestes, le tricot, les scènes à apprendre, ça va, ça avance, ça grandit, ça l'envahit même. Yves (Mathieu Amalric), le réalisateur aussi travaille, par ses rencontres, par les archives, la musique, il se laisse submerger, envahir comme elle, par cette grande artiste. Mais, au fait, par qui se laisse-t-il envahir : par l´actrice ou par Barbara ? " Barbara " est un original et très particulier hommage du réalisateur Mathieu Amalric à la célèbre chanteuse française, Barbara, morte il y a 20 ans et connue pour " Dis, quand reviendras-tu ", " Nantes ", " Chapeau bas " ou " L´aigle noir ", pour seulement en citer quelques-unes de ses plus belles chansons. " Barbara " est une très belle évocation de  "La longue dame brune", où Jeanne Balibar (" La sentinelle ", " Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle)") est remarquable dans une prestation qui va bien au-delà de l'imitation. Jeanne Balibar brille par son talent. La preuve : elle vient de recevoir le premier César de sa carrière pour son brillant jeu dans " Barbara ". Balibar est une actrice très spéciale, exigeante, à la voix singulière qui possède une énorme personnalité. Sans elle, le film de Mathieu Amalric, son ex-mari, n´aurait eu ni la poésie ni l´audace ni l´originalité dont cette œuvre est imprégnée. Car, " Barbara " n´est pas un biopic classique. C´est plutôt un jeu inclassable, différent où le spectateur est fasciné par l´interprétation de Jeanne Balibar qui, admirable par sa ressemblance, évoque grâce à son jeu l´âme de la vraie Barbara. Mathieu Amalric évoque la chanteuse en la faisant revivre mais en transcendant le biopic typique avec une intelligence digne d´un des réalisateurs français les plus singuliers. Mathieu Amalric s'est inspiré de deux oeuvres pour tisser son biopic romancé sur Barbara. La première est le livre de Jacques Tournier publié en 1968, Barbara ou les parenthèses. La seconde est le documentaire de Gérard Vergez, réalisé durant la tournée de 1972, où l'on voit Barbara en voiture en train de tricoter, de divaguer ou de roucouler.

Avec une Jeanne Balibar envoûtante, complexe et magnétique, le film devient un jeu de miroirs fascinant qui crée l´illusion de revivre la vraie Barbara. Cependant, parfois, l´histoire devient un peu trop compliquée et ce qui est un atout au début, se transforme en une narration en quelque sorte confuse. On se perd un peu, alors, entre la fiction d'une biographie filmée et la réalité du tournage de celle-ci. Ce mélange entre cinéma et biographie, archives et fiction, répétitions et chansons est, principalement, intéressant mais parfois, il devient un peu trop réitératif. " Barbara " est un film qui va fasciner les admirateurs de la grande chanteuse mais en sachant qu´il faut savoir " plonger " dans l´aventure que nous proposent Mathieu Amalric et Jeanne Balibar.

Sortie en V.O.S.E., le 23 mars

 

 

La villa ("La casa junto al mar") de Robert Guédiguian

Réalisation : Robert Guédiguian

Scénario : Robert Guédiguian et Serge Valletti

Acteurs: Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan

Genre : drame

Nationalité: 2017, France

 

Dans une calanque près de Marseille, au creux de l'hiver, Angèle (Ariane Ascaride), Joseph (Jean-Pierre Darroussin) et Armand (Gérard Meylan), se rassemblent autour de leur père mourant. C'est le moment pour eux de mesurer ce qu'ils ont conservé de l'idéal qu'il leur a transmis, du monde de fraternité qu'il avait bâti dans ce lieu enchanteur, autour d'un restaurant ouvrier dont Armand, le fils ainé, continue de s'occuper. Lorsque de nouveaux arrivants venus de la mer vont bouleverser leurs réflexions… Avec sa bande de fidèles acteurs (sa femme, l´actrice Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meyland et Robinson Stévenin), Robert Guédiguian signe avec " La villa " un film familial et désabusé, qui parle, d´une manière nostalgique, du passage du temps, de l´âge, des sentiments et de la corruption de la société actuelle, comme il ne pouvait pas être autrement chez ce réalisateur militant. Même si le film se centre sur les émotions, sur l´humanité des personnages, Guédiguian fait, constamment, des réflexions politiques sur le monde actuel. Des opinions toujours critiques envers les injustices et le manque de solidarité ou de fraternité et, surtout, une vision qui s´avère plutôt pessimiste et mélancolique sur les défauts du monde moderne. " La villa " est, peut-être un des films les plus amers et les plus tristes de Guédiguian, même si parfois, on découvre des éclaircies d´espoir.

L´histoire possède une délicatesse et une justesse qui font d´elle une oeuvre très réussie. Guédiguian mélange beaucoup d'ingrédients mais il les dose avec un tel équilibre, qu'il a créé, ici, un de ses films les plus lucides. Avec son côté nostalgique (sublime flash-back quand la calanque était le lieu de l'amitié et la fête, maintenant révolus), Guédiguian nous transmet son idée, avec une foi dans le cinéma qui semble, elle, inentamée, de ce que signifie notre époque et les gens qui y vivent, mais à travers les protagonistes de son histoire. De cette façon, il nous parle, en même temps, de la douleur, de la maladie, de l´amour et de la politique avec une simplicité et une finesse épatante, comme quand il aborde, d´une façon très touchante et élégante, l´histoire des migrants.

Dans " La villa ", il y a de la nostalgie, de la résignation mais aussi des bribes d´espoir, grâce à la bonté des personnages, grâce aux bons sentiments qui existent toujours, malgré tout. " La villa " est un puzzle de sentiments et d´idées, un peu naïf par moments , mais très touchant par son humanisme profond. Et, tout cela se déroule dans un cadre spirituellement désabusé mais, physiquement, ensoleillé et beau de la côte marseillaise, dans la jolie calanque de Méjean, comme il ne pouvait pas être autrement chez Guédiguian, une des personnalités qui ont su transmettre le mieux, par son art, l´esprit de Marseille.

Sortie en V.O.S.E, le 23 mars

 

 

Le brio ("Una razón brillante") de Yvan Attal

Réalisation et scénario: Yvan Attal

Acteurs: Daniel Auteuil, Camélia Jordana

Genre : comédie dramatique

Nationalité: 2017, France

 

Neïla Salah (Camélia Jordana) a grandi à Créteil, dans la banlieu parisienne, et rêve de devenir avocate. Inscrite à la grande université parisienne d'Assas, elle se confronte dès le premier jour à Pierre Mazard (Daniel Auteuil), professeur connu pour ses provocations et ses dérapages. Pour se racheter une conduite, ce dernier accepte de préparer Neïla au prestigieux concours d'éloquence. A la fois cynique et exigeant, Pierre pourrait devenir le mentor dont elle a besoin… Encore faut-il qu'ils parviennent tous les deux à dépasser leurs préjugés. L´acteur et réalisateur Yvan Attal réunit un couple époustouflant de comédiens, tels que le grand Daniel Auteuil et la jeune actrice et chanteuse Camelia Jordana (César au meilleur espoir féminin pour son rôle de Neïla) dans cette comédie qui parle des clichés sociaux, de la rhétorique et de tolérance. Un film qui émeut par sa tendresse, son charme et sa sensibilité. Daniel Auteuil, excelle dans le rôle ambigu du mentor contrarié, tandis que Camélia Jordana est pleine de vie, d´énergie et de force. Le réalisateur Yvan Attal parle de racisme, de la valeur de l´enseignement, de la beauté de la langue et des relations dans une histoire qui alterne la légèreté et la gravité, faisant de " Le brio ", une comédie dramatique qui divertit mais qui fait aussi pleurer.

Quelques clichés jalonnent le film, tels que les jeunes de banlieue o les questions de tolérance un peu trop démonstratives. Le scénario est parfois assez prévisible, surtout quand il se détourne des brillantes confrontations entre élève et professeur (les meilleures scènes du film, sans aucun doute) et dérive dans d´autres histoires comme les amours de Neïla. Mais, même si l´histoire aurait pu être un peu plus osée, Attal convainc avec cette tendre et drôle réflexion sur l´ouverture d´esprit, sur l´acceptation d´autrui et sur l´ascension sociale, dans une société qui n´est pas toujours si égalitaire.

Bien filmé, superbement interprété, " Le brio " est un long-métrage qui n´ennuie pas, qui amuse et qui nous fait réfléchir sur des sujets sociaux. Il mérite, sans doute, d´être vu.

Sortie en V.O.S.E, le 28 mars

 

Carmen Pineda

 

 

 


 

 Barbara

Barbara

 

 

 

 

 

Le brio

Le Brio

 

 

 

 

 

 

La villa
 
La villa

 

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