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Septembre - Octobre 2017

Michel Hazanavicius: " Aux français, je dirais que ce film est un morceau de leur histoire"

 

L´oscarisé Michel Hazanavicius (The artist) signe Le redoutable (Mal genio), un portrait pas officiel du grand réalisateur franco-suisse Jean-Luc Godard, un des créateurs de la Nouvelle Vague. Le film, dévastateur mais pas méchant pour le personnage, montre la face cachée, pas toujours aimable, de Godard. Entretien avec Hazanavicius à Madrid avant la sortie du film.

 

 

Pourquoi avez-vous choisi les recueils d´Anne Wiazemski, l´ex-femme de Godard, où elle parle du réalisateur, pour faire le film ?
En fait, moi, je n´avais pas spécialement l´intention de faire un film sur Godard. Je suis tombé, par hasard, sur un livre d´Anne Wiazemski et c´est le livre qui a généré l´envie de raconter cette histoire. J´aimais bien le point de vue qu´elle avait et je voulais le respecter. Dans son livre, elle a l´intelligence de respecter le point de vue de la jeune fille amoureuse qu´elle avait été. Donc, ça faisait un regard tendre sur un personnage qui n´est pas toujours sympathique. Un personnage qui est même antipathique, mesquin, ridicule…Il y avait un équilibre que j´aimais bien. Dans le film, il y a un équilibre entre la désacralisation du personnage ou le fait de le tourner en ridicule, parfois, et en même temps, le respect, la tendresse et l´hommage.

 

Vous avez fait dans " Le Redoutable " un portrait pas officiel de Godard, plutôt négatif. On voit un personnage égoïste, machiste, manipulateur…Est-ce que votre opinion sur lui a changé après le film ?
Mais, moi, je ne suis ni un admirateur fou, ni un adorateur mais je n´ai pas, non plus, une colère contre lui. J´ai un rapport très classique à Godard. J´aime beaucoup ses films des années 60. Après, ça m´intéresse moins. En revanche, ce qui a changé pour moi, c´est qu´avant  j´avais tendance à dire qu´après mais 68, je ne le comprenais plus. Là, j´ai un peu changé. J´ai vu quelqu´un  qui finalement même s´il a un côté très ridicule et dérisoire, prend une décision très forte de liberté. Ça m´a fait respecter différemment son trajet. Après, je crois qu´en sortant du cinéma traditionnel parce qu´il pense que c´est une machine traditionnelle de domination bourgeoise, comme il aime quand même le cinéma, il a inventé son trajet. Il a amené le cinéma à un endroit, peut-être plus proche de l´art contemporain, mais, en tout cas, il s´est inventé une voie, un peu comme les pionniers du Far West. Donc, même si les films ne me transcendent pas, je vois le trajet d´un artiste qui est dans une réflexion et pas seulement un réalisateur qui dépose ses films les uns après les autres.

 

Pourquoi le film a-t-il tant d´humour ?
Parce que ça m´est plus naturel. Aussi, quand on parle avec des gens qui ont fait Mai 68 ou quand on parle avec des gens de leurs années de jeunesse ou même moi quand je me rappelle du passé avec mes copains, on a toujours le sourire. Même des trucs dont on a honte, ça nous fait rire. Je n´aurais pas imaginer faire un film sérieux. En plus, je trouve que tous les gens qui parlent de Godard le font toujours avec un esprit de sérieux énorme qui fait qu´ils nous l´ont éloigné. Ils en ont fait un personnage qui est un peu déifié, qui n´est plus accessible. Donc, moi, cette approche-là, ça ne m´intéressait pas du tout. Je l´ai fait avec qui je suis.

 

Pourquoi avez-vous divisez l´histoire en chapitres ?
Je l´ai pensé comme ça mais au début, c´est vrai que je voulais faire un film en collage, où on voyait moins la structure narrative. Et puis, en travaillant, j´ai fait une structure narrative un peu plus classique. Au début avec ce truc en collage, j´avais mis des cartons pour lui donner un peu l´impression d´un puzzle. Donc, ça structurait le récit comme ça. Et, puis, en fait, comme la structure est, quand même, assez classique, j´en ai enlevé cette idée initiale.

 

Dans le film, on voir Godard agir en plein Mai 68. Mais, quel rôle a-t-il vraiment joué pendant cette période?
Il n´a pas joué un rôle très actif. Il a joué un rôle actif en faisant arrêter le Festival de Cannes mais, si vous voulez, le mouvement était déjà très initié. C´est un des moments médiatiques de Mai 68. Sinon, il a participé, quand même, à des manifestations, les gens lui parlaient… Mais, ce n´était pas un leader de Mai 68. Mais, un peu avant 68, en France, il y avait le directeur de la Cinémathèque, Henri Langlois qui s´était fait renvoyé par le Ministre de la Culture, Malraux. Il y a eu des mobilisations pour sauver Langlois. Là, Godard s´est investi.

 

Est-ce qu´il y a, dans le film, une certaine critique de la bourgeoisie ou de la " gauche caviar " ?
Il y a plutôt de l´ironie. C´est une manière de prendre ce personnage et de le mettre dans ses contradictions. Je ne crois pas que le film le juge. Moi, en tous les cas, je ne le juge pas. Je crois qu´il y a, à la fois, beaucoup de tendresse pour lui parce que ce n´est pas un personnage sympathique et  en même temps, oui, il y a de la désacralisation. Je n´ai pas voulu me moquer des intellectuels qui s´engagent. Je pense que son engagement est assez honnête même s´il est paradoxale. La critique est plutôt pas sur son engagement mais sur sa capacité à détruire tout autour de lui. Il y a un personnage qui lui dit : " Tu n´arrêtes pas de parler des prolétaires et des paysans et tu n´en as rien à foutre ! ".

 

Comment avez-vous choisi Louis Garrel, qui incarne Godard ?
Très tôt, en fait, dans le processus d´écriture. C´est un acteur que j´aime beaucoup, dont je sentais, depuis quelques films, qu´il avait envie de comédie. Et puis, il a un charme intellectuel qui convenait bien au personnage. Ça a été très facile de travailler avec lui.

 

Comment votre collaboration avec votre femme, l´actrice Bérénice Béjo (" The artist ") qui joue un personnage dans ce film se passe-t-elle?
Très bien. C´est une actrice qui est très agréable à travailler. Elle est très travailleuse et très simple. Ça se passe très bien.

 

Que symbolise pour vous " The artist " dans votre carrière ?
C´est une espèce de miracle. Je pensais faire un petit film qui irait dans des festivals mais je ne pensais pas que ça serait un truc aussi gros. Après, ça m´a permis de continuer de faire des films de manière très libre. J´ai pu choisir ce que j´avais envie de faire vraiment. Il y a aussi des effets secondaires mais je  souhaite à tout le monde d´avoir un film comme ça.

 

Vous avez une filmographie qui n´est pas très homogène. Vous changez de style, de genres. Est-ce quelque chose de très pensée ?
Non, ce n´est pas très pensé. Il n´y a pas de calcul. En revanche, ce qui m´intéresse c´est de trouver de nouvelles manières de raconter. Des manières originales. Pour moi, faire du muet en noir et blanc, c´est une manière de raconter qui est originale. Je comprends que de l´extérieur on puisse voir ça comme de la parodie ou comme du pastiche mais, pour moi, c´est explorer le langage cinématographique. Le film d´après (" The search ") qui est une histoire sur la guerre, il est fait d´une manière qui est aussi différente. C´est un rapport frontale avec le personnage avec des images qui ressemblent plus à des images de news. C´est encore un autre langage. Là, en allant voir du côté de Godard, c´est une manière très libre mais différente de raconter. Donc, j´ai l´impression que ce qui m´intéresse c´est de trouver des manières de raconter de façon différente.

 

Est-ce que Godard a vu le film ?
Non, je ne crois pas ! Ou, s´il l´a vu, il ne m´a rien dit.

 

Si vous devriez conseiller aux spectateurs de voir un film de Godard, lequel choisiriez-vous ?
Pour commencer, je dirais " Le mépris " parce que c´est le film le plus classique de Godard. Il y a une Brigitte Bardot qui est phénoménale qui est dans ce film. Il y a une musique de Georges Delerue qui est incroyable, les images sont magnifiques, Michel Piccoli est formidable… C´est le film le plus simple pour commencer. Après, j´aime beaucoup " A bout de souffle ". J´aime aussi " vivre sa vie ", " Une femme est une femme ". Je conseillerais de commencer par les films des années 60, jusqu´à " Week-end ", à peu près.

 

Que diriez-vous au public espagnol et au public français pour qu´ils aillent voir " Le redoutable " ?
Pour le public espagnol, je leur dirais : " Une fois que vous avez été voir " Blade runner ", parce que vous allez d´abord voir " Blade Runner ", si vous voulez voir quelque chose de différent, vous pouvez aller voir un film qui est plus léger, une comédie. C´est un film qui fait confiance au cinéma. C´est un film pour les gens qui aime le cinéma. Aux français, je dirais que c´est un morceau de leur histoire. Mai 68 fait partie de notre histoire, l´engagement de nos intellectuels, les illusions maoïstes. De nos jours, on peut regarder ça avec de la distance, même avec le sourire. Même si c´est un sujet qui a l´air un peu élitiste, genre Godard, c´est un film qui est fait comme une comédie, plus simple. Ce n´est pas un film de Godard !

 

Carmen Pineda

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