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Juillet - Aout 2017

Thomas Kruithof: "Le film parle des tractations entre la politique et les services secrets mais c´est surtout un film d´un personnage qui apprend à se battre "

 

Le premier film du réalisateur français Thomas Kruithof est un thriller politique intitulé " La mécanique de l´ombre " ("Testigo "). Une première œuvre réussie et efficace qui nous dévoile, avec tension et suspense, le monde caché et complexe de l´espionnage politique, à travers Duval, un homme solitaire et anodin, qui est embauché par les services secrets et qui apprendra à survivre dans ce réseau d´espionnage. Thomas Kruithof est venu, à Madrid, pour présenter son film. Au siège de l´Institut Français de Madrid, le réalisateur nous a parlé de son premier long-métrage.

 

 

Comment a été l´expérience de tourner votre premier film ?
Je n´avais jamais fait quelque chose de si passionnant que ça. C´est complètement absorbant. L´écriture, c´est assez long et un peu dilué mais de la préparation à la sortie du film, c´est vraiment un rouleau compresseur dans lequel on est pris, avec des milliers de questions qui se posent. Ce qui est passionnant, aussi, c´est le nombre de gens de talent avec qui on va travailler sur chacune des composantes du film. C´est au moment du tournage qu´on est entouré par la plus grande équipe. J´adore dans le cinéma que tout compte, tout joue un rôle dans l´expérience que va être le film.

 

Comment vous êtes-vous documenté pour élaborer l´histoire de ce film ?
On va dire que je ne me suis pas vraiment documenté mais j´ai toujours été un grand lecteur de littérature d´espionnage. J´ai toujours été très intéressé par les documentaires ou l´actualité des affaires d´espionnage, de complots…Quand j´ai commencé à écrire le scénario, je jouais un peu avec ce que j´avais dans la tête. Après, j´avais l´idée que les organisations secrètes voudraient revenir à des moyens analogiques pour contrôler l´information devant les flux numériques. Et puis, deux ans après, l´affaire Snowden est arrivé et on a raconté que le KGB avait racheté une machine à écrire et que le Bundestag voulait conserver le format de papier. Donc, parfois, on a des intuitions qui se rejoignent. Quand j´ai terminé le scénario, je l´ai, quand même, montré à des personnes qui travaillaient ou qui avaient travaillé dans les services secrets, pour, un peu, valider certaines des hypothèses que j´avais faites. Je ne cherche pas le réalisme le plus fétichiste mais ce que j´ai trouvé intéressant dans ce qu´ils me disaient, c´est qu´ils reconnaissaient des personnages qu´ils avaient pu croiser dans leur carrières.

 

Est-ce que vous vous êtes inspiré de certains cinéastes ?
Oui, mais je ne peux pas les citer parce qu´il y en a tellement…Parfois, on me dit que ça rappelle tel film…Oui, forcément. Mais, moi, j´ai vu tous les films de ce genre-là. On s´inspire indirectement d´Hitchcock, de Fritz Lang…Je pourrais citer beaucoup d´influences. Les choses qui m´ont un peu inspiré dans l´écriture c´est, quand même, John Le carré, pas tant pour la narration, mais pour cette atmosphère crépusculaire, de trahisons, de déceptions dans les rapports humains, de pourrissement. Après, j´ai parlé souvent avec mon chef opérateur du travail de Gordon Willis, qui était le chef opérateur des films d´Alan Pakula ou du " Parrain ". Dans les références esthétiques qu´on se donnait, il y avait ce travail. Il y a, aussi, un peu de jeux d´ombres dans le film, donc l´expressionisme…Les influences sont " digérées " de génération en génération. Donc, en fait, je ne peux pas vous en citer beaucoup en direct mais ce film a beaucoup, beaucoup d´influences (rires).

 

Pourquoi avez-vous choisi François Cluzet ?
Je me suis dit que ça serait formidable que ce soit François Cluzet. On lui a envoyé le scénario et les choses se sont déroulées comme dans un rêve. Il était très intéressé par le sujet et ça a été une relation de travail passionnante. Une aventure, même pour moi, de A à Z. Il fallait un grand acteur pour porter ce rôle-là. C´est un personnage avec qui on passe toute la durée du film. Le principe de l´expérience de ce film, est de vivre avec ce personnage, d´en savoir aussi peu que lui sur cette histoire, de se poser les mêmes questions et de démêler avec lui les fils de cette intrigue, de ce complot. Et, en même temps, c´est un personnage qui parle peu, qui est très restreint, qui ne se confie pas. Donc, il faut un acteur d´une grande finesse, d´une grande économie et sobriété et qui nous donne la possibilité de suivre cet homme. Voilà, je savais que j´avais besoin de ça. François a apporté ça et des tas d´autres choses qui n´étaient pas écrites et qui sont venues au travers de notre rencontre. François Cluzet, il vit les scènes. Vous ne ferez pas deux prises identiques avec lui. Il met la vie dans les personnages ! Son interprétation a un côté vivant, réel et cinématographique très important.

 

Est-ce qu´il y a, aussi, une certaine critique du monde du travail dans le film ?
Effectivement, ça parle, aussi, du travail et de l´obéissance. C´est un personnage assommé. Il a besoin d´un travail pour vivre financièrement mais aussi pour prendre pied dans sa vie. Avoir quelque chose dans sa vie, quelque chose qui le rassure. L´oisiveté c´est quelque chose de très anxiogène. C´est quelqu´un que les règles rassurent, la routine ça le rassure et donc, il a ritualisé un peu sa vie. Mais, peu à peu, il apprendra à questionner les ordres jusqu´à les désobéir et trouver un peu son salut dans le chaos et le combat.

 

Le film donne l´impression que nous, citoyens normaux, nous sommes des marionnettes des services d´espionnage et de la haute politique.
Moi, j´ai un sentiment de citoyen qui peut un peu irriguer le film, un sentiment de paranoïa, mais pas au sens où on veut du mal mais au sens où on est dans un monde, parfois, dont on ne comprend pas très bien les tenants et les aboutissants. Le film parle aussi des tractations entre la politique et les services secrets mais je n´ai pas envie de dire que c´est un film seulement sombre là-dessus mais c´est surtout un film d´un personnage qui apprend à se battre avec ça, qui grandit, qui réussit à démêler le complot dans lequel il est pris. Il a un éveil politique. Il y a aussi une forme d´optimisme dans le film, une croyance dans l´individu. Lui, il lutte et même en souffrant, il devient de plus en plus humain, de plus en plus vivant. Il reconnaît en lui une force qu´ il ne soupçonnait plus.

 

L´aspect visuel du film est très important dans l´histoire.
Oui, en effet. J´ai essayé de faire ça d´une manière progressive. C´est un film qui part de quelque chose plutôt réaliste et qui va, au fur et à mesure, vers des codes du thriller. J´avais envie que le personnage pénètre dans un monde souterrain, un peu étrange. Mais, j´avais envie de le filmer dans de grands espaces labyrinthiques et que le film aille vers la violence et vers la nuit. Il y a de plus en plus de contre-plongées, de contrastes forts, les couleurs se raréfient. L´atmosphère devient de plus en plus angoissante. Au bout d´un certain temps, on commence à tout questionner, comme le personnage.

 

Est-ce qu´en France on tourne beaucoup de thrillers politiques ?
Pas beaucoup. On en a fait pas mal pendant une certaine époque, il y a une vingtaine ou une trentaine d´années mais on n´en fait plus beaucoup. On fait probablement beaucoup de drames de de comédies.

 

Qu´est-ce que vous diriez à un potentiel spectateur pour qu´il aille voir le film ?
Je ne lui dirais pas grande chose. Je pense que c´est un film pour lequel moins on en sait,  mieux on se porte. C´est un film dans lequel le spectateur va passer une heure et demie dans la tête de François Cluzet et vivre cette aventure avec lui. C´est un film où le spectateur participe et va essayer de démêler l´engrenage dans lequel est pris le personnage de Cluzet.

 

Entretien réalisé par Carmen Pineda

Thomas Kruithof 

 

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