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Septembre - Octobre 2017

Ivan Calbérac: L´étudiante et M. Henri est une comédie profonde, touchante et universelle

 

Le réalisateur français Ivan Calbérac (Irène) a présenté à l´Institut Français de Madrid son nouveau film, L´étudiante et M. Henri (El Sr. Henri comparte piso). Il s´agit d´une comédie dramatique, touchante et bouleversante, qui puise dans les sentiments humains les plus profonds, avec humour et intelligence. M. Henri, incarné par l´excellent acteur français Claude Brasseur loue une chambre chez lui à Constance, une jeune fille qui monte à Paris pour faire ses études. La relation entre eux, au début conflictuelle, deviendra différente au fil des évènements. Ivan Calbérac nous a parlé de son film.

 

 

Le film était au départ une pièce, que vous avez écrite, ayant d´ailleurs connu un grand succès à Paris. Quelles difficultés avez-vous trouvé pour l´adapter au cinéma?
En fait, la pièce était déjà jugée un peu cinématographique parce que l´histoire ne se déroulait pas en une soirée. Elle permettait des ellipses et du coup, elle permettait aussi à l´écriture de ne pas rester dans un seul lieu. Je ne voulais pas qu´on sente trop le théâtre. J´ai essayé de faire un vrai film de cinéma en gardant les conflits et les dialogues de la pièce, mais, après, en ouvrant complètement la narration à pleins d´endroits différents et en créant de nouveaux personnages. Au théâtre, il y a une forte convention : on choisit d´y croire, en fait. Alors qu´au cinéma, on veut y croire. On a une exigence de réalisme en tant que spectateur qui est vraiment très forte. Au théâtre, on met deux chaises et on dit : "ça, c´est la cuisine" et tout le monde est d´accord. Au cinéma, il faut une vraie cuisine. Et, on retrouve ça aussi au niveau des personnages. On peut avoir certains allers-retours dans la psychologie des personnages au théâtre, certains coups de théâtre qui ne marchent plus au cinéma. Il faut avoir une finesse psychologique plus grande. Souvent on dit " C´est théâtrale ". Théâtrale c´est un peu synonyme de ce n´est pas naturel. Donc, passer au cinéma, c´est chercher plus de naturalisme, plus de réalisme. J´ai dû réécrire certains passages et certaines scènes intermédiaires pour justifier des changements dans la psychologie des personnages.

 

Pourquoi avez-vous choisi Claude Brasseur et Noémie Schmidt?
Au théâtre, le personnage était joué par un grand acteur français Roger Dumas mais, au cinéma, pour des raisons de notoriété, de financements, on a besoin d´acteurs très connus. Claude Brasseur en France, c´est comme un José Sacristán en Espagne. C´est vraiment une icône et un immense acteur. En plus, Claude Brasseur, dans la vie, il n´est pas si loin de M. Henri (rires). Il n´est pas facile mais, en tout cas, il a adoré jouer ça ! Il n´a pas eu à lutter contre ses démons ! Quant à Noémie Schmidt, c´était son premier rôle. Je l´ai choisi sur casting. Je voulais jouer la carte de la révélation pour ce rôle face à un acteur très connu. Je cherchais une fille qui soit, à la fois, très fraîche, très solaire et en même temps, très bonne actrice, avec le sens de la comédie parce qu´il y a beaucoup de répliques à lancer avec un tempo très précis. Et puis, pour Claude Brasseur, pour qu´il soit content de travailler avec une actrice solide. Noémie est très équilibrée. Elle peut être impressionnée mais elle est, aussi, très solide, très mature. Lors du casting, quand elle est rentrée dans la pièce, je ne me suis pas dit : " Ah ! C´est elle ! ". Mais après avoir travaillé pendant une heure, je savais que c´était elle.

 

Dans le film, il y a une confrontation générationnelle mais aussi un dialogue. Pensez-vous qu´il est nécessaire entre personnes de différentes générations?
Oui, je pense que tout ce qui signifie tisser des liens entre les gens est positif. On est dans un monde où la technologie est censée nous rassembler et, en fait, elle crée, parfois, beaucoup de solitude. Au lieu d´être avec nos amis, on est sur facebook, par exemple. Au lieu d´être ensemble, on parle au téléphone. On se voit rarement. On veut toujours être à un autre endroit au lieu d´être là où on est. Du coup, il y a une érosion du lien amical, familial. Les gens ont de plus en plus peur parce qu´ils sont seuls. Et, plus ils ont peur, plus ils font n´importe quoi. On le voit à l´échelle mondiale, aux choix politiques… Tout ça est lié à des phénomènes qui sont censés nous rendre heureux comme facebook. Mais, en fait, plus on passe de temps sur facebook, plus on est malheureux.

 

Un des sujets du film aborde le problème des jeunes pour trouver leur place dans le monde. Est-ce qu´il y a quelque chose d´autobiographique?
Oui, bien sûr. Moi, mes parents voulaient que j´étudie les mathématiques et je les ai étudiées pendant longtemps. Mais, j´étais un littéraire : j´écrivais…J´ai été un littéraire contrariée. Effectivement, j´ai mis très longtemps à m´affranchir de mon éducation. Je pense que c´est un très long chemin. Il y a des gens qui à 70-80 ans ne sont pas sortis de leur éducation. Ils agissent encore comme papa ou maman leur a dit et ils n´en sont même pas conscients. C´est, donc, un long chemin de prise de conscience. Il y a un sage indien qui dit : "Etre libre, c´est être libre de papa et maman".

 

Dans L´étudiante et M. Henri, on voit que le rôle de la famille peut être ambigu. Le père de Constance est castrateur avec elle mais M. Henri va l´aider à découvrir son chemin, chose qu´il n´a pas faite avec son propre fils.
Ah, oui, très ambigu ! C´est l´ambigüité la plus compliquée à gérer. On arrive dans une famille qui nous donne de l´amour mais, aussi, la plus grande violence qu´on reçoit sur terre, vient souvent de notre famille. Donc, comment faire pour faire le tri entre ce qui est bon pour nous et ce qui n´est pas bon ? Si cette ambigüité est trop forte, ça mène à la folie. Les gens qui sont fous sont des gens qui ont reçu trop d´amour et de violence mélangés et qui n´arrivent plus à faire le tri. Je pense que nos parents, même s´ils sont souvent les mieux intentionnés du monde, ont tendance à reproduire des schémas de violence qu´ils ont eux-mêmes subi, en se disant : "c´est pour ton bien". Cet argument est un des arguments les plus dangereux et les plus destructeurs qui puissent être dans l´éducation des enfants. C´est très dangereux de se dire qu´on sait mieux qu´un être, même s´il est petit. Je crois que l´éducation idéale c´est celle qui fait confiance à l´enfant, dans la mesure de ses possibilités, tout en lui assurant un cadre de sécurité. Souvent, les parents ont peur. Dans le film, le père de Constance veut qu´elle reprenne l´entreprise familiale. Il veut lui assurer son avenir dans un monde incertain. On comprend ses raisons. Mais, elle, ça l´étouffe complètement. Elle a l´impression qu´elle va signer pour un avenir qui n´est pas le sien. Henri s´est comporté de la même manière avec son fils. Il est comptable comme son père parce que celui-ci lui a laissé son cabinet mais il n´aime pas ce travail. Quand il voit que le père de Constance se comporte comme ça avec Constance, il change. Ce que je trouve très beau dans le film, c´est qu´il va réparer avec Constance ce qu´il n´a pas réussi à faire avec son fils. La vie nous offre toujours une deuxième chance de réparer. C´est clair que les gens, souvent, ne sont pas encouragés à faire autre chose que ce que leurs parents veulent, par exemple. Ils sont dévalorisés. Cette dévalorisation fait qu´ils ont des échecs ailleurs et alors, les parents disent : "Je te l´avais bien dit". Cette phrase est aussi très ambigüe et très destructrice. Ces enfants, s´ils avaient été encouragés à trouver leur propre voie, ils auraient sans doute réussi dans une voie ailleurs. C´est comme le père de Constance. Il ne croit pas en elle. Donc, n´ayant pas cette confiance, elle se sabote.

 

Mais, Constance est aussi sabotée par son professeur de musique.
Bien sûr. Il y a des professeurs formidables mais d´autres sont très castrateurs. Après, ils n´ont d´autre pouvoir que celui qu´on leur donne. Si Constance était dans un milieu familial soutenant, son père lui aurait dit : "mais, ce professeur est un con ! Tu vas aller voir un autre professeur. Tu vas continuer". Plein de gens ont été castrés, étouffés dans leur créativité, dans leur élan vital. Ils en sont malheureux et certains se mettent à castrer les autres. Quand on est artiste, on rencontre plein de gens qui sont des castrateurs. Il y a des critiques très durs qui vont écrire, non pas une critique en soulignant les faiblesses d´un film, mais en voulant faire du mal parce qu´eux, ils n´ont pas osé exprimer cette créativité et ils sont énervés de ça. Inconsciemment, ils cherchent à castrer et il y a ça chez les professeurs. Parfois, ils sont devenus professeurs parce qu´ils n´ont pas réussi à faire autre chose que professeur. Ils ne sont pas dans l´encouragement, le soutien, l´accompagnement, la stimulation, l´inspiration. Ils sont dans quelque chose de très rigide.

 

Vous faites un peu de tout : du théâtre, de la télévision, du cinéma…
Et, j´ai fait un roman aussi qui vient de sortir en livre de poche qui s´appelle " Venise n´est pas en Italie " et, qui va devenir mon prochain film. Si je fais tout, c´est parce que j´aime tout (rires). Je suis un inventeur et un raconteur d´histoires et après, je choisis le média le plus adapté pour raconter une histoire. Quand on fait une histoire qui a du succès on a tendance à la décliner comme " L´étudiante et M. Henri ". Comme la pièce a eu beaucoup de succès, on a tourné le film. J´aime beaucoup écrire parce que j´ai toujours plein d´idées. Il m´est arrivé, dans mes débuts, d´écrire un scénario et que quelqu´un d´autre le réalise mais je n´étais pas très content. Je préfère faire tout et si ce n´est pas bien, je ne m´en prends qu´à moi-même (rires).

 

Le mélange de comédie et de drame est souvent présent dans vos œuvres. Pourquoi?
C´est un peu ma marque de fabrique. Ce que j´aime le plus en tant que spectateur ce sont les films qui sont à la fois drôles et touchants. Les comédies qui ne sont pas juste pour rire mais pour épingler les travers humains. J´aime bien la comédie de caractère avec des personnages complexes. C´est Chaplin qui disait : " Quand le clown a fini de faire rire, il sort son violon ". C´est l´idéal. Le rire, qui nous a détendu, s´arrête à un moment donné et il faut basculer dans l´émotion.

 

Qu´est-ce que vous diriez aux spectateurs pour qu´ils aillent voir votre film?
Je dirais que c´est un film qui a eu déjà du succès dans le monde entier, que c´est une comédie profonde, touchante, universelle parce qu´elle parle du rapport au père, à ses enfants, comment mieux vivre avec ses parents, avec ses enfants. La plupart des gens sont emballés en sortant du film, qu´on ne voit pas passer et qui en même temps, laisse un beau souvenir.

 

Carmen Pineda

Ivan Calbérac 

 

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